DjSet 278 Mayeu

17 janvier 2020

Derrière les petites lunettes rondes et la toison luxuriante de notre hôte, flotte une âme amoureuse des harmonies. Un romantique que les notes et les rythmes transportent bien au-delà des mots. C’est Mayeu, flûtiste de mille et un projets (République Atypique, Plôme, …), directeur du Chœur de Biu, grand ordinateur de Flutzeug Prod.

Imérien fraîchement délocalisé à Bienne, il nous reçoit dans son appartement vénérable. Après un repas de prince, il nous propose un digestif de ses influences musicales du moment, entre explorations expérimentales,  improvisations punks libertaires et vestiges baroques. Mayeu n’est pas le plus confiant des orateurs, mais un auditeur avisé et quand les mots lui manquent, l’étincelle de ses yeux parle pour lui.

 

  • Le Grand Sbam // Dins o sbam
  • Polymorphie // Ow1
  • HEILMAT // Wieder Ja!
  • Douglas Dare // Doublethink
  • Tanche // Kugelfish
  • Tanche // Ludwig
  • Chromb! // A fond de chien
  • Inuit Pagoda // Pink Pagoda
  • Sumac // The Task
  • De la Cave // La Route
  • Jehan de l’Escurel // Amour, voulé vous acorder
  • Andreas Stahel // Wheels Trance III
  • Benjamin Clementine // Quiver a Little

Thundercat, bientôt un nouvel album

17 janvier 2020

Le bassiste virtuose est de retour avec Black Qualls, premier extrait de son album It Is What Is, à paraître le 3 avril. Bien entouré, Thundercat a déjà dressé la liste des invités et la fête s'annonce réjouissante : Childish Gambino, Steve Lacy, BADBADNOTGOOD, Louis Cole ou encore Kamasi Washington. Il ne reste plus qu'à patienter. D'ici là, vous pouvez savourer le très funky Black Qualls dans la playlist du Sonar de la semaine.

La BO parfaite de ceux qui courent à poil c’est The Brian Jonestown Massacre

16 janvier 2020

Vanessa n'a eu que très peu d'hésitations pour répondre aux questions de la chronique Une Vie en Morceaux. C'est peut-être parce qu'elle s'est parfois fabriquée quelques scénarios que tout lui a semblé évident. Pour ce qui est de la question sur la course « cul à l'air » dans un champ, Vanessa s'est visualisée en cameraman avec du Brian Jonestown Massacre en fond,  et ça semble couler de source.

Mix Master Mike, champion de deejaying, DJ des Beastie Boys et de Cypress Hill

15 janvier 2020

Interview

La rencontre avec le DJ des Beastie Boys a lieu lors d'une soirée Breakadelic au SAS de Delémont, en novembre 2019. Espiègle, un peu fou, Michael Schwartz alias Mix Master Mike commente tout ce qu'il observe autour de lui. Il raconte qu'il mange des pommes, parce que selon le dicton, une pomme par jour éloigne le médecin. Je lui dis qu'il est comme Jacques Chirac qui vient de mourir. MMM ne le connaît pas. On lui précise qu'il était aimé du peuple.  « Un président aimé du peuple, c'est possible ? Est-ce qu'il fumait ? » Des cigarettes, oui. MMM nous apprend que Barack Obama est un consommateur de marijuana. On se marre. Le décor est posé pour l'interview de Mix Master Mike.

On te considère comme l'un des plus grands DJs du monde. Comment as-tu commencé ?

Adolescent j'ai été confronté à pas mal de musique. Je regardais toujours les couvertures des albums, je regardais des tableaux : Rembrandt, Picasso, De Vinci, ça a développé mon goût pour l'art. Mon oncle avait une collection de disques. J'y revenais toujours parce que je n'avais pas le droit d'y toucher. Je le faisais quand il partait travailler. Il y avait beaucoup de funk : Earth, Wind and Fire, Con Funk Shun, Miles Davis, Kool and the Gang.

Ensuite j'ai découvert Led Zeppelin, Hendrix, Thelonious Monk et Miles Davis. Ces gars étaient tous mes héros et je voulais être comme eux. Je regardais Hendrix, Eddie Van Halen, Stevie Ray Vaughan, et je me disais « Wow, je veux être comme ça. Mais il y a un problème, je ne sais pas jouer de la guitare. » Je voulais être John Bonham, le batteur de Led Zeppelin, mais je ne savais pas faire de batterie non plus. Je voulais être Lalo Schifrin, Quincy Jones, mais je ne savais pas jouer du clavier. Mais j'ai découvert la table de mixage, et ce fut un don du ciel. J'imaginais des façons de remanipuler tous ces disques pour arriver à mes propres compositions. Ce fut la naissance de Mix Master Mike.

Tu es l'inventeur du tweak scratch. Comment tu as découvert ce son ?

J'ai mis ma vie en danger pour ça. J'ai failli m'électrocuter. J'ai trébuché sur le cordon de la table de mixage qui s'est à moitié débranchée. Ça a fait jaillir des étincelles sur le mur, un peu partout, ça a provoqué un court-circuit sur la table, mais le disque continuait de tourner. Quand j'ai entendu le son que ça faisait, je me suis dit « Wow ». Et j'ai continué de scratcher avec le pouce. En fait on peut toujours contrôler la tonalité et le son du disque quand la table s'arrête. C'est comme ça que le tweak scratch est né à travers moi. À moitié en train de m'électrocuter, tout en découvrant une nouvelle manière de manipuler un disque avec la table de mixage sur off.

Quelle est l'histoire de ton arrivée chez les Beastie Boys ?

C'était un alignement de planètes. Une question de timing et d'alignement. J'étais fan des Beastie Boys. Et j'étais DJ de compétition bien avant de les rejoindre. J'avais gagné trois fois les compétitions internationales du Disco Mix Club, ça m'a assuré une notoriété mondiale en tant que DJ. Je suis devenu respecté. Adam H., Adam Y. et Mike savaient qui j'étais.

J'ai rencontré Adam Yauch à une fête annuelle de hip-hop à Rock City Park à New York. On s'est échangé nos numéros de téléphones et je lui ai donné ma carte, qui disait « Mix Master Mike, champion du monde ». Je me souviens de cette carte ringarde. J'avais aussi l'habitude de lui passer des vidéos de mes battles. Et quand il n'était pas chez lui je lui laissais des messages de scratch sur son répondeur. Je lui ai laissé au moins quatre à cinq messages différents. « Yo Adam, écoute ça. Ça s'appelle le scratch du poulpe inversé. » Je mettais le téléphone sur haut-parleur et je scratchais. « Ok, mec. Dis-moi ce que tu en penses, tchk. » 

Finalement, ça a payé. Trois mois plus tard les gars m'ont appelé : «  Hey, tu voudrais nous aider à travailler sur notre album ? » J'ai dit oui, et c'est parti comme ça. Grâce à ma persévérance. Dans ce monde, il faut beaucoup de persévérance pour avoir ce que tu veux. Et je suis très persévérant. « Non », ce n'est pas une option de réponse pour moi. Je crois en mes capacités. Un peu comme si j'avais trop confiance en moi. Mais je savais que j'avais quelque chose à offrir au groupe. Je savais que j'étais l'élément manquant. On a enregistré Hello Nasty durant deux semaines à New York, le rêve était devenu réalité.

À la fin de la session, je me souviens, ils m'ont emmené dans une autre salle d'enregistrement, on s'est assis par terre. On se disait que ça allait être un bon album. On procrastinait. Je leur disais combien je les appréciais, à quel point c'était un honneur de travailler avec eux, et ils m'ont dit qu'ils voulaient que je devienne leur DJ. Je me souviens de ce moment, c'était très spécial. C'était wow. Si tu penses au rêve américain, ce fut le rêve américain pour moi. Les Beastie Boys m'ont ouvert les portes pour montrer au monde entier de quoi j'étais capable. Ils m'ont offert leur plateforme. Et maintenant je suis ici (rires.) Mais j'ai toujours été un artiste solo, même avant les Beastie Boys. C'est ce que je suis en premier lieu. Je sors des disques depuis des années. Mais les Beastie Boys, c'est un peu comme une extension de moi. Ce sont mes frères et ils le seront toujours.

Tu auras 50 ans l'an prochain. Qu'est-ce qui te donne l'énergie de continuer de tourner et sortir des disques ?

Mon addiction à la musique. En fin de compte c'est ça. J'ai besoin de créer. Si je ne crée pas quelque chose, je ne me sens pas moi-même. C'est pour ça que, si vous me suivez sur Instagram, vous pouvez voir plein de choses, plein de projets dans lesquels je m'investis, c'est une façon pour moi d'être diverti. Je suis un artiste, je divertis les gens, et ma façon à moi d'être diverti, c'est de créer. Quand j'étais enfant j'étais déjà comme ça, toujours à fabriquer des trucs, et si je me retrouvais au temps des Égyptiens en train de construire des pyramides, je suppose que je serais quelque part là-haut, comme chef constructeur, ou maçon. Je suis un créatif par excellence, c'est mon truc.

Aujourd'hui tu tournes avec Cypress Hill, mais tu as aussi tourné avec Metallica. 

Avant de rejoindre Cypress Hill je suis parti en tournée mondiale durant six mois comme première partie de Metallica. On a fait tous les stades des États-Unis. TOUS les stades.

Quelle est la différence entre tourner avec un groupe de metal et tourner avec un groupe de hip-hop ?

Avec Metallica j'étais là en tant qu'artiste solo. C'est différent d'avec les Beastie Boys ou Cypress Hill, où tu joues sous la bannière du groupe et tu en es juste un élément. Mais quand tu me vois en solo, c'est comme un assaut sonore de tueur de cire en série qui détruit toute la matière noire du collisionneur de particules du CERN.

Non mais les shows en première partie de Metallica ont vraiment amélioré ma confiance en moi, parce que je pense qu'être capable d'ouvrir pour Metallica n'est pas donné à tout le monde. D'habitude, ce sont des groupes complets qui jouent ce rôle, et le public est irrespectueux avec eux. Genre : « Fuck you, on veut Metallica. » Pour moi, le premier show s'est un peu passé comme ça. Mais au 2e, je me suis dit : « Ok, je vais montrer à ces connards pourquoi je suis là ». Et j'ai fini par en mettre plein la vue à tout le monde sur toute la tournée. J'ai gagné le respect des gens. Même le management de Metallica est venu vers moi pour me dire que j'étais un putain de… qu'est-ce qu'ils ont dit ? Que j'avais le cœur d'un lion, parce que personne ne peut arriver là-devant et détruire un stade de cette façon. Ma confiance en moi a été boostée. Je me suis dit : « Oh, j'ai pu faire rocker un putain de stade rempli de métalleux à moi tout seul. Y a plus de problème. » C'est grâce à Dieu, c'est Dieu qui m'a placé là. C'est son pouvoir. Je suis très spirituel et je crois à une force suprême, je crois que c'est grâce à ça que j'ai eu cette carrière. Mais c'est aussi grâce à ma persévérance et au timing. Le temps a joué avec moi.

Je vais te mentionner plusieurs choses. Quand tu les entendras tu me diras un mot qui te vient en tête.

Je suis prêt. On a fait un long chemin pour en arriver là (rires.) Tu vas me tester ? Okay, allons-y.

Beastie Boys

Intemporel.

Techno

Techno ? Un fruit différent dans un panier de fruits.

Boire et se droguer avant un concert

Incompatible avec le programme. Interférence.

Hip hop west coast

Invisibl Skratch Piklz (« Cornichons Invisibles à Scratcher », collectif de DJs californien dont MMM fait partie.) 

Lars Ulrich

Lars ! Wow, il y a beaucoup à dire pour Lars. Intelligent. Il est très intelligent, sage. Un artiste, un musicien, un très bon peintre. Un créateur dans tous les sens du terme. Ouais.

Rage Against The Machine

La bande originale de la résistance.

Daft Punk

Classique.

Les artistes suisses

Des artistes suisses ? Euh… Donne-moi un exemple. Je n'en connais aucun (rires.) Pourquoi j'en dirais quelque chose ? Je n'ai pas le droit à une opinion car je n'en connais aucun.

Lana Del Rey

Payée. Elle est payée, ouais. Les gens la connaissent. C'est une popstar, donc elle est payée.

Tu ne te considères pas comme une popstar ?

Non, je suis un contrôleur du trafic sonore. Je suis réveillé. Je suis un protecteur. Je suis le gardien de la galaxie. C'est ça, un gardien de la galaxie du son.

VO versus VF : Ciné-Man ouvre le débat !

14 janvier 2020

Cette semaine, pour sa rentrée, notre super-héros du 7ème art, Ciné-Man, vous propose, non pas de découvrir une nouvelle sortie cinéma, mais d'explorer ensemble les nombreux avantages qu'il y a à regarder un film en version originale plutôt que dans sa version doublée.

«Une langue, c'est une texture, c'est une musique, ça participe à l'atmosphère d'un film !» Ciné-Man

La Planète Bleue n°974

9 janvier 2020

La solastalgie, c'est une maladie nouvelle, encore mal étudiée qui se répand comme une trainée de poudre. C'est une forme pointue d'éco-anxiété, une détresse existentielle suscitée par la prise de conscience de l'effondrement en cours du monde. Yves Blanc nous explique les racines de ce mal dans cette nouvelle édition de La Planète Bleue.

Toujours sur le thème de la catastrophe annoncée, Yves Blanc présente une série-évènement; L'Effondrement. Le projet a été écrit et réalisé par une bande de jeunes d'à peine 30 ans; les témoins d'une génération qui ont parfaitement intégré les dernières études sur la crise écologique.

Il est aussi question d'un livre dans la Planète Bleue; un bouquin qui apporte enfin les réponses scientifiques aux lobbys des chasseurs.

Sur une note plus légère, Yves Blanc évoque de belles BD et un film remarquable, la réédition haute définition du film culte des Talking Heads réalisé par Jonathan Demme, Stop Making Sens, le point culminant de la culture rock au cinéma…

Sand Sideral El Sisterma
Akufen You Look Delicious
Burial Young Death
James Blake & Rosalia Barefoot in the Park
Arandel & Gaspar Claus All Men Must Die
Irmin Schmidt Geisterlied
Cliff Martinez Are We Having A Party
Pygmées Aka Diye
Chapelier Fou Le Triangle des Bermudes
Geins't Naït & Laurent Petitgrand Iroshima
Eivor Palsdottir Traollabundin
Angélique Kidjo Listening Wind
Talking Heads Take Me To The River (live complete)
Jan Hammer & Yor Kultura Crockett's Theme (Tribal Cosmic edit)
Anatolian Weapons A Strang Light from the East

La Planète Bleue n°974 sur GRRIF, le samedi 11 janvier à 12  :00, le mardi 14 janvier à 18  :00 et le jeudi 16 janvier 11  :00

DjSet 277 Julia (SAS)

3 janvier 2020

Les premières neiges de l'hiver nous font pester, mais très vite l'intérieur ocre et chaud de notre hôte du jour nous ramène aux bonnes choses de cette émission : les disques.

Julia, une des nombreuses fourmis du SAS à Delémont, nous calfeutre ainsi dans son appartement de bois vénérable à la Chaux-de-Fonds, avec bière du coin et tête-de-moine (du coin aussi, forcément). Elle nous dorlote avec une sélection réconfortante de rap, de rock et d'autres ronronnements de saison qu'elle débute avec un morceau de musique classique, idéal pour les longs trajets en voiture sur une route enneigée.

  • Gute Nacht // Schubert (Jonas Kaufman)
  • Tom Waits // Clap Hands
  • Radiohead // Idioteque
  • Lomepal // Beau la Folie
  • Emilie Zoé // The Barren Land
  • King Krule // Easy Easy
  • Queens of the Stone Age // The Vampire of Time and Memory
  • Jack White // Lazaretto
  • Gorillaz // Tomorrow comes Today
  • Louis Jucker // Storage Tricks
  • L’Axe du Mal // Grands Rayons Emo Trap Dub
  • Idles // Never Fight a Man With a Perm
  • Romeo Elvis // 300 (Henri)