Une playlist digne des plus grands musées

4 août 2020

François Kevorkian alias François K, un des plus gros diggers de vinyles de France, a décidé de nous faire visiter sa cave.

Plutôt que d’organiser des cars de touristes en boucle, il nous propose de découvrir les plus belles pièces de sa collection Dub sur une Playlist Soundcloud.

François K a été bercé par le Jazz et le Disco de la grande époque. Il est parti comme batteur parfaire son amour de la musique à New York à la fin des années 80 et il n’est jamais revenu. Mieux, il va même y monter son propre studio. C’est là qu’il va croiser des grosses pointures du Jazz, notamment Ron Carter et Tony Williams. Il se nourrira alors de Funk et des prémices de l’électronique avec Kraftwerk. Il va d’ailleurs travailler avec eux par la suite, ainsi qu’avec Depeche Mode ou Jean-Michel Jarre, tout en continuant de remplir sa cave de disques.

Aujourd’hui, à travers plus de 40ans de fouilles « archéolo-disques », notre érudit a donc choisi 10 morceaux légendaires, pour beaucoup jamais publiés. Parmi lesquels une version Dub de Lucky in Love de Mick Jagger (1985), Treat the Youths Right de Jimmy Cliff (1982), et une reprise de You’re the One for Me de D-Train.  Et il nous promet, en commentaire, que la liste s’allongera encore par la suite.

D'ici-là, suivez le guide, vous admirez la Joconde  du vinyle.

 

Spotify fait la morale aux artistes

3 août 2020

Invité récemment par la plateforme MusicAlly, Daniel Ek, CEO de Spotify a décidé de faire la leçon aux artistes. Il a dit en gros que pour avoir du succès, il faut miser avant tout sur la quantité.

Ça fait un moment que les acteurs majeurs de la musique s'insurgent contre les taux dérisoires pratiqué par la plateforme dans la rétribution des artistes. Selon un rapport récent, un label indépendant de taille moyenne ne gagnait que 0,00348 $ par diffusion d'un morceau sur Spotify. Il ne gagne 1$ qu'à partir de 287 chargements du morceau.

Bien qu'une légende comme Thom Yorke traite la plateforme de streaming de « dernier pet d'un cadavre », Daniel Ek s'est expliqué sur le sujet.

Il a commencé par dire que malgré quelques esclandres de mécontents, les données récoltées sur la plateforme montrent que la plupart des artistes hébergés sont satisfaits. Ça ne se voit pas parce que les clients contents se manifestent rarement publiquement. Il a ajouté que sans équivoque, d'après les données, il y a de plus en plus d'artistes capables de vivre de revenus de streaming.

Ensuite, au sujet des critiques, il s'est fendu d'une analyse très capitaliste de la vie d'un musicien du 21ème siècle : « Les artistes qui ont survécu à l'histoire n'ont peut-être pas autant de chance dans le monde d'aujourd'hui. Désormais, on récompense des cycles de travail rapides, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Vous ne pouvez plus enregistrer de musique tous les trois à quatre ans et penser ça va suffire. Vous devez créer un engagement continu avec vos fans, raconter des histoires autour de l'album et maintenir un dialogue continu avec votre communauté. Je pense vraiment que ceux qui ne réussissent pas bien en streaming sont principalement des gens qui veulent sortir de la musique comme elle était autrefois publiée. »

Et on ajoutera : qui préfère recevoir des miettes que ne rien recevoir…

C'est donc la vision de Spotify sur le monde de la musique donnée par son directeur général Daniel Ek. Après la musique commerciale voici venir le temps de la musique industrielle.

Mort de Diana E. H. Russell, la défenseuse du terme « féminicide »

31 juillet 2020

Elle a passé sa vie à se battre contre les crimes et violences envers les femmes. La sociologue sud-africaine Diana E. H. Russell est décédée mardi en Californie à 81 ans, apprenait-on jeudi. Lors de ses études au Royaume-Uni puis son doctorat à Harvard, elle se passionne pour le mouvement anti-Apartheid, car cette politique particulièrement durement mise à l'œuvre en Afrique du Sud a émergé dès les années 1940 alors qu'elle était enfant.

Nommer le féminicide, ou lutter contre les hommes anti-femmes

À partir de 1977, à 39 ans, Diana mène 900 entretiens avec des femmes dont elle a tiré plusieurs essais et articles scientifiques – dont la première étude sur l'inceste. Mais surtout, c'est elle qui redéfinit et popularise le terme de « féminicide », à savoir « ces meurtres de femmes commis par des hommes parce que ce sont des femmes, […] motivés par la haine, le mépris, le plaisir ou le sentiment d'appropriation des femmes ». Tout à coup, un événement, une chose, un crime malheureux mais accepté devenait un fait politique que l'on pouvait pointer du doigt pour sa misogynie. Car comme le dit son avis de décès, « des termes non-genrés comme ‘meurtre' » ne rendent pas compte de l'identité de femme assassinée. Or cela leur est dû. Depuis l'avènement du terme, de nombreux mouvements féministes l'ont disséminé dans leurs réseaux et leurs discours.

Un activisme acharné et productif 

En 1976 à Bruxelles, Diana E. H. Russell participe à la création d'un tribunal international des crimes commis contre les femmes. C'est l'auteure française et féministe Simone de Beauvoir qui en a écrit le message d'ouverture. Jusqu'à sa retraite au début des années 2000, la Sud-Africaine n'a eu de cesse de théoriser  des actes commis envers les femmes pour les dénoncer. Des violences sexuelles au viol conjugal en passant par la pornographie, rien n'a été accepté. Après une vie d'activisme, Diana E. H. Russell avait décidé d'écrire ses mémoires. Ceux-ci resteront inachevés mais nous ne doutons pas qu'ils seront en moins en partie publiés. Alors à la mémoire d'une femme extraordinaire, et pour toutes celles qu'elle n'a pas réussi à sauver.

Une websérie sur l’identité féminine et palestinienne

30 juillet 2020

« Palestiniennes » est une websérie documentaire réalisée par la cinéaste française Mariette Auvray et diffusée en libre-accès sur le site du Courrier International. Trois épisodes de 15 à 20 minutes nous font voyager entre territoires israéliens et palestiniens, de Jérusalem à Haïfa en passant par Acre, Bethléem et Ramallah. Guidée par Nadia, la réalisatrice a le loisir de filmer la route et elle ne s'en prive pas. On découvre les paysages arides, les colonies, les villes délabrées ou au contraire flambant neuves, parfois selon le territoire sur lequel on se trouve. On découvre le mur érigé par l'Etat d'Israël depuis 2002, pour séparer leur territoire de celui des Palestiniens. On peut voir sur ce mur des messages forts sous forme de tag, car l'art devient échappatoire.

Palestiniennes, artistes et résistantes 

Ces messages sont transmis notamment par une dizaine de femmes que Mariette Auvray a rencontrées. Elles sont rappeuse, DJ, brodeuse, designeuse d'intérieur, cheffe cuisinière, artiste de cirque ou créatrice de mode, et elles ont toutes la trentaine. Elles racontent le vol de l'identité palestinienne par le temps mais aussi par une certaine volonté du gouvernement israélien. Par exemple, à Jérusalem, le nom arabe des rues disparaît petit à petit. Le documentaire a un angle, il est donc orienté. Mais plus que l'éternel débat entre Israël et la Palestine, c'est réellement la rencontre avec des femmes qui ont des projets fascinants qui est mise en avant. Pour la réalisatrice, elles sont « dépositaires de la culture là-bas et d'une certaine idée de résistance ».

Terre aride, femmes florissantes 

Car ces femmes attaquent les clichés et sortent des sentiers battus malgré la difficulté. Dans leur société, elles sont traitées différemment que le serait une femme étrangère. Elles subissent des moqueries, des insultes verbales parfois. On leur demande constamment pourquoi, à leur âge, elles ne sont pas mariées. Fortes de leur responsabilité individuelle et d'une envie d'éveiller le monde à leur cause, elles tracent leur chemin. Sont-elles représentatives de la société palestinienne ? Pas sûr. Mais elles pourraient bien faire évoluer cette dernière.

Le rêve palestinien, une musique à la fois douce et forte  

Dans le contexte géopolitique qu'elles connaissent, un rêve éternel reste de faire évoluer la relation entre le territoire de Palestine et celui d'Israël. Le documentaire nous exprime par l'image ce que c'est, vivre en Israël lorsqu'on est Palestinien. Tout est plus compliqué. La construction du mur a réussi, selon ces femmes, à faire croire aux Israéliens qu'il est dangereux pour eux de passer de l'autre côté, où les habitants sont considérés comme terroristes.

C'est notamment à travers la musique que toutes ces considérations pourraient changer, et les différents morceaux, très engagés, complètent notre immersion dans un pays en plein conflit mais qui regorge tout de même d'une richesse rare en termes de sacré, d'héritage, mais aussi d'idées. Les trois épisodes pour combler l'envie de voyage, c'est ici .

Le dernier Van Gogh, preuve à l’appui de son suicide

29 juillet 2020

 Il y a 130 ans, Van Gogh mourait des suites d'une balle qu'il se serait tirée dans le ventre. Avant ce suicide, le génial peintre néerlandais nous a laissé une dernière toile intitulée « Racines ». Durant le confinement du covid-19, l'expert « van goghien » Wouter van der Veen a publié la découverte d'une carte postale des années 1900. La configuration des racines et des troncs de cette carte sont identiques à celle du tableau. La trouvaille est de taille : il était impossible jusque-là de situer le lieu dont s'était inspiré l'artiste pour réaliser sa dernière œuvre. Mardi, en présence de la directrice du Musée Van Gogh à Amsterdam et d'un membre de la famille du peintre, le site a été inauguré.

Une preuve qui était sous le nez des chercheurs

À vrai dire, Van Gogh n'est pas allé très loin pour réaliser sa dernière œuvre. L'endroit est situé à environ 150 mètres de l'auberge Ravoux, un établissement du village d'Auvers-sur-Oise, situé au Nord de Paris. L'auberge est devenue célèbre car le peintre y a résidé un peu plus de deux mois avant d'y mourir. À l'époque, le peintre était déjà atteint de crises de folie, qui ont notamment fait qu'il se coupe une oreille. C'est peut-être elles qui ont poussé Van Gogh à se tirer une balle dans le ventre le 27 juillet 1890. Il rejoindra son auberge dans la nuit et mourra au terme de deux jours d'agonie.  

Le tueur serait Van Gogh, dans l'auberge, avec le pistolet

Pour certains, « Racines » aurait marqué le début de l'art abstrait et de l'art nouveau. Mais pour notre expert Wouter van der Veen, le tableau devient aujourd'hui la preuve que Van Gogh a été acteur de sa propre mort. Des théories contredisaient cette vision de l'histoire, arguant que le peintre aurait été accidentellement blessé par autrui. Tout ceci se retrouve soudainement démoli par cette œuvre qu'on peut voir d'un œil nouveau : « un testament, une lettre d'adieu. Le taillis symbolise pour lui la lutte de la vie ». Le peintre de génie a lutté en vain avant de se suicider. Mais l'œuvre rappellerait qu'il est au moins mort de sa propre volonté.

Si Van Gogh a quitté ce triste monde il y a 130 ans, la souche principale qu'on retrouve sur son dernier tableau est, elle, encore bien vivante et visible dans le taillis dont le peintre se serait inspiré. Inutile de dire que son emplacement deviendra un lieu de pèlerinage prisé. Et que les doutes sur la mort de Van Gogh sont, jusqu'à nouvel avis, levés !

Neil Young pourrait mener une action en justice contre Donald Trump

28 juillet 2020

Après avoir menacé plusieurs fois le président des États-Unis de le poursuivre en justice, Neil Young semble être prêt à passer à l’action. L’affaire concerne toujours l’utilisation de son morceau Rockin’ in The Free World par le président Donald Trump.
«Imaginez ce que cela fait d'entendre Rockin ‘in the fucking world après que ce président parle, comme si c'était sa chanson thème. Je ne l'ai pas écrite pour ça».

La goutte d’eau

C’est le récent déploiement d'agents fédéraux pour réprimer des manifestations à Portland qui a motivé le chanteur folk à considérer sérieusement une action en justice. Neil Young estime que le président ligue les citoyens les uns contre les autres pour son propre gain politique.

Un président rock ‘n’ roll

Depuis sa campagne en 2015, Donald Trump n’a jamais caché son intérêt prononcé pour les artistes rock (et l’utilisation abusive de leurs morceaux dans ses campagnes). Dans le désordre citons : Linkin Park, R.E.M. les Rolling Stones et Queen. Le groupe britannique avait vu son morceau We Are The Champions être diffusé en 2016 lors d'une apparition de Donald Trump à une convention du Parti républicain.

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Peter Green, le guitariste et cofondateur de Fleetwood Mac est mort

27 juillet 2020

Peter Green s'est éteint ce week-end paisiblement dans son sommeil. Il avait 73 ans. Compositeur, Guitar Hero et schizophrène, le musicien a mené une carrière plutôt discrète malgré son inventivité musicale remarquable.

GRRIF revient sur ses principaux faits d'armes.

Il a remplacé Eric Clapton

Après quelques remplacements ponctuels sur scène, Peter Green remplace définitivement Eric Clapton au sein de The Bluesbreakers en 1966. Le guitariste ne reste qu'une seule année dans la formation, le temps d'enregistrer le superbe album A Hard Road.

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Le monde de la musique est prêt à changer

23 juillet 2020

Musique + jeu vidéo = <3

Le rappeur américain Logic a signé un contrat d'exclusivité avec la plateforme Twitch. Le chiffre de la transaction n'est pas tombé officiellement mais il semblerait que la somme se mesure en millions.  Si ce contrat est si intéressant, ce n'est pas à cause de l'argent qu'il charrie mais bien par son aspect novateur.

Twitch se paye Logic

La plateforme Twitch est par tradition le repère des joueurs de jeux vidéo et une telle ouverture sur le monde de la musique montre à quel point la consommation musicale a déjà changé et risque de changer à l'avenir. Pour l'instant on ne sait pas grand-chose sur le contenu que va proposer Sir Robert Bryson Hall II aka Logic sur Twitch. Le rappeur brouille les pistes en se qualifiant de « nerd » du jeu vidéo puis en disant qu'une plateforme telle que Twitch est devenue le seul moyen sûr pour communiquer avec ses fans.

Les concerts virtuels c'est l'avenir?

Alors de la musique ? Du jeu vidéo ? Autre chose ? On n'en sait pas plus pour le moment mais il semble peu probable que la plateforme débauche un rappeur de cette qualité pour ne pas profiter de son aura musicale surtout que grâce à Travis Scott, on sait que les concerts virtuels ça cartonne.

Le 23 avril, Travis Scott a réuni plus de 12,3 millions de personnes sur Fortnite pour 10 minutes de concert. Visiblement, c'est cette réussite qui a renforcé le souhait de Twitch de se diversifier et surtout ça a rassuré la plateforme. Les fans sont bien au rendez-vous pour assister au show de leur artiste favori.

Un nouvel album puis Twitch

L'annonce de ce contrat d'exclusivité entre Logic et Twitch n'arrive pas à n'importe quel moment. Le rappeur du Maryland sort son nouvel album ce vendredi 24 juillet, No Pressure et son futur job est tout trouvé, ça sera streamer de contenu sur Twitch ou rien !

Les plans culs de l’été volume 2

21 juillet 2020

 La culture toujours présente !

Passer son été en Suisse, ce n'est pas s'engouffrer dans une traversée du désert culturel. Les concerts à taille raisonnable ont repris et les diverses autres activités se sont adaptées aux mesures sanitaires actuelles. Il y a des choses à faire en Suisse romande,  la preuve avec nos bons plans culture pour faire vivre votre semaine.

Le PALP Festival, Sion

Cette semaine, le PALP nous fait découvrir la ville de Sion. Au programme, les concerts d’Erik Truffaz, de Fai Baba, de Blick Bassy ou de Derya Yıldırım & Grup Şimşek. Les évènements s’étalent sur plusieurs jours, du 22 au 25 juillet.

Infos

 L’été au Kiosque, La Chaux-de-Fonds

Les concerts se succèdent au Kiosque et ce jeudi 23 juillet, place à Afreekaya. Le Neuchâtelois a été un des clients de notre émission DJ Set dans laquelle il est venu passer ses sons tropicaux et ce jeudi, il est convoqué à La Chaux-de-Fonds pour faire transpirer les adeptes. 

Infos

 Le Retour des Sauvageries, Porrentruy

Félicien Lia se produit ce samedi 25 juillet à la Galerie du Sauvage. Il sera présent en trio pour jouer son 4ème et superbe album Des feux, des fous. 

Infos

 Concert au Bad Bonn, Düddingen

La salle de concert du Bad Bonn organise ce samedi 25 juillet une journée de musique électronique en terrasse. Le menu annoncé est composé de saucisses et de boissons réfrigérées mais aussi de divers concerts.

Infos

 Alleychatte, Lausanne

Une alleychatte,  c’est un rallye urbain festif à vélo et celui-ci à lieu ce samedi 25 juillet. La course démarre à 16h30 et les festivités se prolongent en soirée avec du boire et du manger mais aussi de la musique.

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